CALMA n'est pas un projet commercial classique. C'est l'aboutissement de plusieurs décennies de navigation, l'envie simple de garder un beau voilier vivant, et un fil personnel avec la France que j'ai à cœur d'entretenir.
Un peu de mer derrière nous
Je navigue depuis des décennies. Six bateaux différents au fil des années, une traversée de l'Atlantique entre la Martinique et Horta, des semaines en équipage de Pise à Nice et tout le long du Cantabrique espagnol, des charters en famille en Grèce, en Croatie (que j'aime particulièrement), en Sicile, à Malte. À côté du Calma, je garde aussi un Wayfarer dinghy de cinquante ans que j'ai fait restaurer en Angleterre — pour le contact direct avec le vent — et une petite vedette à moteur pour les promenades familiales en bord de côte. La voile sous toutes ses formes, de la dériveuse au croiseur.
Mais s'il y a une côte que je connais par cœur, c'est la Costa Brava. Mon épouse est née à Blanes, et chaque crique de Blanes au Cap de Creus, je les ai parcourues avec elle, en famille, en couple, ou seul. Le choix de Palamós comme port d'attache n'est pas un choix logistique — c'est un choix de cœur.
Pourquoi un Espagnol monte un club français
J'écris ces lignes en français — un français correct, mais avec un accent qu'aucun de nos futurs membres ne pourra ignorer au téléphone. Et c'est très bien ainsi. CALMA est un projet pensé pour la francophonie, et la raison est personnelle.
Mes deux enfants ont fait toute leur scolarité dans le système éducatif français, depuis la maternelle jusqu'à l'université. Le français est leur langue de travail et de pensée — parfois plus naturelle que l'espagnol. L'aîné vit à Paris aujourd'hui ; le second suivra probablement le même chemin. CLUB CALMA est aussi, pour moi, une façon d'entretenir un lien fort avec la France et la culture française dans les années qui viennent, surtout si nos enfants s'installent durablement de l'autre côté des Pyrénées.
Ils sont aussi associés du projet. Avec leurs études universitaires et leurs trajectoires professionnelles déjà tracées dans d'autres domaines, ils ont passé plusieurs saisons à travailler dans la nautique de plaisance en Costa Brava. Ce sont de vrais passionnés du secteur, du milieu marin et de la voile. Ils prennent les appels et répondent aux emails en français parfait, gèrent la conciergerie au quotidien, accueillent les membres à Palamós quand je ne suis pas sur place. Je reste l'interlocuteur principal du club, avec un accent espagnol que je n'essaie pas de cacher. C'est aussi une partie du charme de la maison.
La montagne aussi
Pour ceux qui se demandent ce que nous cherchons en mer : peut-être la même chose que ce que nous allons chercher en montagne. J'ai grandi dans les Pyrénées espagnoles, je continue d'y monter régulièrement. Pakistan, Alpes, Cascades américaines (où nous avons vécu cinq ans) — la verticalité m'a toujours parlé autant que l'horizon. Voile et montagne partagent quelque chose : un rapport simple aux éléments, et l'exigence de la préparation.
Pourquoi un club
J'ai partagé mes bateaux précédents deux fois, de manière informelle, avec des amis. Cela s'est toujours bien passé, et c'est de là que vient la conviction qui sous-tend ce club : un voilier qui dort dans son port se dégrade ; un voilier qui navigue, entre des mains qui le respectent, reste en bon état.
Je voulais que le Calma reste vivant et bien entretenu, et que ses frais soient absorbés sans douleur — ni mentale, ni financière. C'est cela, l'esprit du club : six couples qui amortissent ensemble le coût d'avoir accès à un beau voilier, sans avoir à le posséder ni à s'en occuper, et qui partagent un certain art de vivre méditerranéen — saison après saison, idéalement.
Un voilier d'armateur, partagé entre armateurs
Le Calma a été conçu et configuré comme un voilier d'armateur, dans la tradition de la « owner version » Bénéteau : deux véritables suites privatives, deux salles d'eau séparées, des volumes pensés pour la croisière en couple — c'est-à-dire l'inverse de ce qu'on optimise pour le nombre de cabines. Sur 12 mètres, ça change tout.
Cette différence se voit dès qu'on monte à bord. Le Calma est un bateau d'armateur, dont l'armateur partage l'usage avec cinq autres couples qui en apprécient la même chose — l'espace, la privacité, la qualité du séjour à bord. C'est ce qui rend pertinent le modèle d'un club à six, plutôt qu'un usage individuel ou une mise en circulation plus large.
Un projet jeune, une expérience longue
CALMA S.A.S.U. est une jeune société, immatriculée au RCS de Paris en février 2026. C'est par construction un projet récent — il faut bien que les choses commencent quelque part. Mais il s'appuie sur plusieurs décennies d'expérience entrepreneuriale et opérationnelle à dimension internationale. J'ai co-dirigé pendant des années des entreprises avec des associés et des clients sur plusieurs continents — Europe, Asie, États-Unis, Amérique latine — avec tout ce que cela suppose en termes de rigueur de gestion, de disponibilité opérationnelle, et d'habitude du dialogue interculturel. La capacité à répondre à un imprévu, à tenir parole, à recevoir des interlocuteurs de cultures différentes avec attention et précision — tout cela ne s'improvise pas, et c'est ce que nous apportons à CALMA dès la première saison.
CALMA est en revanche le premier projet que je construis avec mes enfants comme collaborateurs directs. C'est aussi pour cela que ce club a une valeur particulière à mes yeux.
Société
CALMA S.A.S.U. · RCS Paris 101 663 904 · SIREN 101 663 904 · Siège social : 200 rue de la Croix Nivert, 75015 Paris · Pavillon français — immatriculation Sète, ST A59847
L'esprit que nous cherchons
Le club, pour fonctionner, demande quelque chose qui ne se mesure pas dans un contrat. C'est un mélange de trois choses : être hôtes, être membres d'un club, et devenir amis. Nous cherchons des couples expérimentés qui partagent l'amour de la Méditerranée, qui prennent soin des choses, qui aiment rencontrer de nouvelles cultures.
Notre famille voyage beaucoup, par travail et par plaisir — Asie, États-Unis, Europe. Nous croyons qu'un club comme celui-ci peut devenir une porte ouverte vers de belles rencontres. C'est ce que nous espérons : que CLUB CALMA soit le prétexte d'amitiés durables et multiculturelles autour d'une côte que nous aimons profondément.
C'est pour cela que nous prenons le temps de la sélection : un premier échange par téléphone, puis une rencontre — à Paris, en Costa Brava, ou en visio — avant toute décision. Nous préférons ouvrir le club avec moins de membres mais bien choisis, qu'avec six membres rapidement convaincus mais peu alignés sur l'esprit du projet.
— Fernando Pascual-Andreu
Président, CALMA S.A.S.U.